Héroïne

Qu’est-ce que l’héroïne ?

some of the forms of heroinL’héroïne est une substance illicite provoquant une forte dépendance. Elle constitue l’opiacé le plus abusé qui agit le plus vite. Elle est vendue le plus souvent sous forme de poudre blanche ou marron, ou sous forme de substance gluante noire, surnommée “black tar” (goudron noir).

Bien que l’héroïne pure soit plus courante de nos jours, elle est en général “coupée” avec du sucre, de l’amidon, du lait en poudre ou de la quinine. Parfois même avec de la strychnine ou d’autres poisons. Comme les héroïnomanes ne connaissent pas l’activité réelle de la drogue ou tous ses ingrédients, ils courent le risque de la surdose ou même de mourir. L’héroïne pose également le problème de la transmission du VIH et autres maladies lors du partage des aiguilles et autres instruments d’injection.

the poppy plantL’héroïne est un dérivatif de la morphine, une substance extraite des graines du pavot asiatique.

Elle apparaît sous forme de poudre blanche ou marron.

On la surnomme “Hélène”, “brown sugar”, “cassonade”, “smack”. Il existe d’autres appellations selon son origine, par exemple le “goudron noir mexicain”.

Effets à court terme de l’héroïne

Peu après injection (ou inhalation), l’héroïne traverse la barrière sang-cerveau. Dans le cerveau, l’héroïne est convertie en morphine et se lie rapidement aux récepteurs opioïdes. Les héroïnomanes parlent d’un sentiment rapide de plaisir, un “rush”.

Effets à court terme  :

  • “Rush” ou sentiment rapide de plaisir
  • Baisse de l’amplitude respiratoire
  • Fonctions mentales floues
  • Nausée et vomissements
  • Dépression de la douleur
  • Avortement spontané

L’intensité du rush dépend de la quantité de drogue consommée et de la vitesse à laquelle celle-ci entre dans le cerveau et se lie aux récepteurs opioïdes neutres. L’héroïne crée une forte dépendance car elle s’immisce dans le cerveau très rapidement. Le rush est habituellement accompagné d’un rougissement chaud de la peau, de l’assèchement de la bouche et d’un sentiment de lourdeur des extrémités ; il est parfois accompagné de nausée, de vomissements et de démangeaisons.

Opiates Act on Many Places in the Brain and Nervous System

Légende :

Les opiacés agissent dans nombreux endroits du cerveau et du système nerveux
Les opiacés peuvent modifier le tronc cérébral, une aire qui contrôle les fonctions physiques automatiques et baisse l’amplitude respiratoire
Les opiacés peuvent modifier le système limbique, qui contrôle les émotions afin d’accroître les sentiments de plaisir
Les opiacés peuvent bloquer les messages de douleur transmis par la moelle épinière

Après les premiers effets, les héroïnomanes somnolent souvent pendant plusieurs heures. Les fonctions mentales sont amoindries par l’effet de l’héroïne sur le système nerveux central. Les fonctions cardiaques ralentissent. La respiration ralentit également, parfois au point de son arrêt total. La surdose est un risque en particulier dans la rue, lorsque la pureté et la quantité de la drogue ne peuvent pas toujours être précisément connues.

Effets à long terme de l’héroïne

L’accoutumance constitue l’un des plus grands dangers sur le long terme de l’héroïne. La dépendance est une maladie chronique, caractérisée par le symptôme de sevrage poussant la personne à rechercher et à utiliser la drogue, ainsi que par les modifications neurochimiques et moléculaires du cerveau. L’héroïne crée également une tolérance et une dépendance physique fortes, facteurs puissants qui poussent à l’utilisation et l’abus compulsifs de cette drogue.

Effets à long terme :

  • Accoutumance et dépendance
  • Maladies infectieuses, par ex. VIH/SIDA et hépatite B et C
  • Affaissement des veines
  • Infections bactériennes
  • Abcès
  • Infection du péricarde et des valvules
  • Arthrite et autres problèmes rhumatologues

Comme tout autre toxicomane, l’héroïnomane dépense de plus en plus de son temps et de son énergie à obtenir et à consommer cette drogue. Une fois dépendant, l’objectif principal de l’héroïnomane est de trouver et de consommer la drogue. Les drogues changent véritablement leur cerveau.

La dépendance physique se développe lors de consommation de doses de plus en plus importantes. Le corps s’adapte à la présence de la drogue et les symptômes de manque apparaissent si la consommation est abruptement réduite. Le manque peut se faire sentir quelques heures après la dernière prise. Les symptômes comprennent les douleurs musculaires et dans les os, l’insomnie, la diarrhée, les vomissements, les sueurs froides accompagnées de la chair de poule (cold turkey) l’agitation et les mouvements incontrôlés des jambes. Les symptômes principaux atteignent leur pic de 24 à 48 heures après la dernière dose et s’estompent au bout d’une semaine environ. Toutefois, certaines personnes ont souffert de symptômes de sevrage persistants pendant des mois. Le sevrage n’est jamais fatal pour un adulte autrement en bonne santé, mais il peut provoquer le décès du fœtus chez une femme enceinte.

A un moment donné de son utilisation continue, le consommateur devient dépendant de la drogue. Parfois les héroïnomanes feront un sevrage afin de réduire leur tolérance à la drogue pour pouvoir de nouveau faire l’expérience du rush.

La dépendance physique et les symptômes de sevrage étaient considérés comme les attributs principaux de l’héroïnomanie. Nous savons maintenant que ce n’est pas le cas ; en effet, le manque et la rechute peuvent avoir lieu des semaines, voire des mois après la fin des symptômes de sevrage. Nous savons également que les malades souffrant de douleurs chroniques et prenant des opiacés pour fonctionner (parfois pendant de longues périodes de temps) souffrent très peu de problèmes lorsqu’ils arrêtent les opiacés une fois les douleurs dissipées. Peut-être parce que le patient recherche simplement à calmer les douleurs et non pas à atteindre l’euphorie comme l’héroïnomane.

Complications médicales de l’héroïnomanie

Les problèmes médicaux dont souffrent les héroïnomanes incluent l’affaissement des veines, les infections bactériennes des vaisseaux sanguins et des valvules du cœur, les abcès (furoncles) et autres infections des tissus organiques, ainsi que les lésions rénales et hépatiques. Les lésions pulmonaires (y compris divers genres de pneumonie et tuberculose) peuvent être occasionnées par la mauvaise santé générale de l’héroïnomane ainsi que par les effets de dépression respiratoire de la drogue. L’héroïne comprend des substances qui ne se dissolvent pas facilement et peuvent donc bloquer les vaisseaux sanguins menant vers les poumons, le foie, les reins ou le cerveau. Ce qui peut occasionner des infections ou même la nécrose de cellules dans les organes vitaux. Les réactions immunitaires envers ces contaminants peuvent provoquer de l’arthrite ou autres conditions rhumatologues.

Bien sûr le partage du matériel d’injection ou des fluides peut avoir de graves conséquences pour l’héroïnomane : hépatite B et C, VIH, et autres virus que les héroïnomanes peuvent alors passer à leurs partenaires sexuels et à leurs enfants.

Effet de l’abus de l’héroïne chez les femmes enceintes

L’héroïnomanie durant la grossesse peut provoquer de sérieuses complications, y compris les fausses couches et les naissances prématurées. Les enfants nés de mères toxicomanes sont plus susceptibles de succomber au syndrome de mort soudaine. Les mères héroïnomanes ne doivent pas être sevrées durant leur grossesse pour éviter tout avortement spontané ou naissance prématurée ; le traitement à la méthadone est alors conseillé. Bien que les nourrissons des mères prenant de la méthadone puissent souffrir de dépendance physique, il sera facile de les traiter en toute sécurité en maternité. Des recherches ont également indiqué que la consommation in utero de la méthadone est relativement bénigne.

Pourquoi les héroïnomanes courent-ils plus de risque de contracter le VIH/SIDA et l’hépatite B et C ?

shared needles can be deadlyParce que souvent les héroïnomanes partagent les aiguilles et autre matériel d’injection, ils courent des risques plus grands de contracter le VIH et autres maladies infectieuses.

L’es héroïnomanes qui s’injectent sont infectés principalement parce qu’ils réutilisent des seringues et aiguilles contaminées et autres matériels, mais aussi lors de relations sexuelles non protégées avec des partenaires porteurs de VIH. Pour près d’un tiers des Américains porteurs de VIH, l’injection de drogues pose un facteur de risque. En fait, la toxicomanie représente le vecteur de diffusion du VIH le plus important aux Etats-Unis.

Des recherches subventionnées par NIDA ont démontré que les toxicomanes peuvent changer le comportement qui les met à risque de contracter le VIH grâce aux traitements de sevrage, à la prévention et aux programmes basés dans la communauté. Ils peuvent arrêter leur usage, le partage des aiguilles, la pratique des relations sexuelles non protégées et ainsi réduire le risque de contracter le VIH/SIDA et autres maladies infectieuses. La prévention et les traitements antidrogue s’avèrent très efficaces dans la lutte contre la propagation du VIH.

Consommation de l’héroïne

L’héroïne est généralement injectée, sniffée ou fumée. Un héroïnomane typique injecte jusqu’à 4 fois par jour. L’injection intraveineuse apporte une euphorie plus intense plus rapidement (de 7 à 8 secondes), tandis que l’injection intramusculaire provoque l’euphorie plus lentement (5 à 8 minutes). Lorsque sniffée ou fumée, le pic des effets est ressenti environ 10 à 15 minutes plus tard. Bien que la fumée et le sniff ne produise pas un “high” aussi rapidement et aussi fortement que l’injection intraveineuse, les chercheurs du NIDA ont confirmé que toutes les trois formes de consommation mènent à la toxicomanie.

Voie d’administration parmi les personnes admises dans les services d’urgence pour des incidents liés à l’héroïnomanie

how heroin is used

Légende :

Percent= pourcentage
Injecting= injectée
Sniffing = sniffée
Smoking = fumée

Source: Community Epidemiology Work Group, NIDA(Groupe de travail sur l’épidémiologie dans la communauté, Institut National sur l’abus des drogues), Juin 1996

L’injection reste la méthode prédominante des héroïnomanes admis pour des traitements ; toutefois, les chercheurs ont remarqué un changement vers le sniffing et la consommation fumée de l’héroïne au lieu de l’injection. D’ailleurs ,le sniff/fumer est un moyen souvent noté de la consommation de l’héroïne parmi les héroïnomanes admis en urgence pour des incidents liés à l’abus des drogues à Newark, Chicago, New York, et Détroit.

Alors que les voies d’administration changent, il existe maintenant des utilisateurs de beaucoup plus de groupes divers. Les consommateurs plus âgées (plus de 30 ans) restent le plus large groupe de consommateurs d’après les informations au niveau national. Toutefois, plusieurs sources indiquent une augmentation du nombre de toxicomanes plus jeunes, attirés par l’héroïne bon marché de haute qualité pouvant être sniffée ou fumée et non injectée. L’héroïne a également fait son apparition dans les milieux plus affluents.

Etendue de la consommation de l’héroïne aux Etats-Unis

D’après le Sondage National des foyers sur l’abus des drogues de 1996, qui sous-estime probablement la consommation illicite des opiacés (héroïne), 2,4 millions de gens environ consomment de l’héroïne à un moment donné de leur vie, et presque 216 000 ont dit l’avoir consommée dans le mois précédant le sondage. Le sondage rapporte 141 000 nouveaux consommateurs d’héroïne en 1995, avec une augmentation de la consommation de l’héroïne depuis 1992. La majeure partie de ces nouveaux consommateurs injectaient, fumaient ou sniffaient l’héroïne, la plupart d’entre eux ayant moins de 26 ans. La consommation dans les autres groupes d’âge a également augmenté, particulièrement chez les jeunes de 12 à 17 ans : la première utilisation dans ce groupe d’âge s’est multiplié par 4 entre les années 80 et 1995.

Le Drug Abuse Warning Network (DAWN/Réseau d’avertissement sur l’abus des drogues) de 1996, qui collecte les données sur les incidents liés aux drogues dans les services d’urgence de 21 zones métropolitaines, estime que 14 pour cent de tous les incidents liés aux drogues dans les services d’urgence sont connexes à la consommation d’héroïne. Le plus alarmant étant que les incidents en service d’urgence liés à la consommation de l’héroïne ont augmenté de 64 pour cent entre 1988 et 1994 (de 39 063 cas à 64 013).

Le NIDA Community Epidemiology Work Group (CEWG/Groupe de travail sur l’épidémiologie dans la communauté de NIDA) fournit des informations sur la nature et les habitudes de consommation de drogues dans 20 villes et a confirmé dans sa publication de décembre 1996 que l’héroïne était la principale drogue abusée et liée aux admissions suite aux abus à Newark, San Francisco, Los Angeles, et Boston ; elle est deuxième juste après la cocaïne à New York et Seattle.

Community Epidemiology Work Group (CEWG/Groupe de travail sur l’épidémiologie dans la communauté)

En décembre 1996, le CEWG a rapporté que la disponibilité de l’héroïne de haute qualité bon marché continuait d’augmenter, particulièrement dans l’Est et le Midwest. Cette augmentation a également été remarquée dans certaines villes qui avaient auparavant échappé à l’importation de l’héroïne de haute qualité.

Nombreux indicateurs et comptes-rendus suggèrent une croissance du nombre de nouveaux consommateurs (sniffeurs) chez les plus jeunes et en particulier parmi les femmes. Une des inquiétudes est que les jeunes sniffeurs passeront à la consommation par injection à cause d’une plus grande tolérance, de l’irritation des passages nasaux ou du manque de pureté du produit, au risque de contracter le VIH/SIDA.

Dans certaines villes, telles que Boston et San Francisco, les récents novices comprennent de plus en plus de personnes des classes moyennes. A Newark, les héroïnomanes font en général partie des populations des banlieues.

National Household Survey on Drug Abuse (NHSDA/ Sondage National des foyers sur l’abus des drogues)

Le sondage de 1996 du NHSDA indique une augmentation importante depuis 1993 du nombre estimé des héroïnomanes actuels (une dose pendant le mois précédent). Les estimations sont passées de 68 000 en 1993 à 216 000 en 1996.

Parmi les personnes ayant utilisé au moins une fois de l’héroïne durant leur vie, la proportion des personnes ayant fumé ou sniffé de l’héroïne étaient passé de 55 pour cent en 1994 à 82 pour cent en 1996. Durant la même période, le pourcentage des consommateurs qui injectaient était resté le même, à environ 50 pour cent.

Informations sur l’héroïne présentées par Narconon International